La CAENTI étant une action de coordination orientée vers la dissémination, sa valeur ajoutée réside principalement dans son impact.
Depuis deux années, des équipes de recherches et des acteurs territoriaux dont certains travaillaient depuis plus d’une dizaine d’années à l’émergence de l’Intelligence Territoriale ont constitué le Réseau Européen d’Intelligence Territoriale.
Le REIT a permis, sans moyens spécifiques de réunir une conférence internationale annuelle, des activités de recherche communes en regroupant les partenaires d’un même pays, de renforcer l’intégration des membres et d’attirer de nouveaux partenaires (participation à des manifestations scientifiques et à ateliers professionnels, accueil et formation de chercheurs et de professionnels). Le site Web (http://mti.univ-fcomte.fr/reit/) commence à rendre visible les résultats des recherches conjointes et spécifiques des partenaires.
L’expérience de ces deux années a permis au REIT de se structurer avec un comité exécutif et un comité éditorial réguliers, de mettre en place des actions de recherche communes, de regrouper de nouveaux partenaires et d’améliorer sa visibilité et celle de ses membres, notamment au plan international.
Les participants de l’Action de Coordination CAENTI constituent le noyau dur du REIT. La CAENTI regroupe les membres du REIT entre lesquels se sont déjà développées des recherches comparatives conjointes sur la base des activités de recherche réalisées par chacun. Ces activités de recherche donnent des résultats comparables, mais elles restent encore disjointes d’un point de vue européen. La phase de montage du projet a déjà permis d’améliorer la mobilisation au sein des organismes partenaires, en inscrivant officiellement les activités de la CAENTI dans les activités officielles de ces partenaires et en leur affectant des moyens financiers et humains. La CAENTI vise à amplifier l’impact dont le REIT a démontré l’intérêt et les possibilités. Le REIT sera d’ailleurs une première étape et un relais dans la stratégie de dissémination et d’exploitation de la CAENTI.
Au niveau scientifique la CAENTI contribuera à améliorer les conditions de la recherche au sein des sciences humaines et sociales grâce à une meilleure diffusion des instruments fondamentaux. Nous attendons de nombreuses retombées de la recherche, au travers du développement d’outils d’intelligence territoriale pour une meilleure compréhension des structures et des dynamiques des territoires, ainsi que pour l’analyse de l’impact de l’intelligence territoriale sur la citoyenneté et la démocratie.
Au niveau de la recherche fondamentale, la diffusion de méthodes et d’outils fondamentaux renforcera les échanges entre les disciplines qui étudient les territoires selon des approches variées, afin de fédérer une approche pluridisciplinaire, confrontant à différentes échelles spatiales et temporelles, de façon équilibrée, l’ensemble des ressources et des activités des territoires.
Les activités de recherche de la CAENTI auront également un impact sur recherche technologique peu développée dans le domaine des sciences humaines et sociales en améliorant la connaissance de ces méthodes et en formant des chercheurs. Les technologies de l’information et les outils fondamentaux utiles à l’intelligence territoriale constituant des instruments génériques à large applicabilité, l’impact d’une meilleure diffusion ne se limitera pas au domaine de l’intelligence territoriale.
La recherche appliquée en intelligence territoriale est l’objet d’une forte demande sociale souvent appuyée par la volonté publique. La promotion de la recherche-action est riche en possibilités de transfert dans le domaine des sciences humaines et sociales où la valorisation de la recherche est encore peu courante.
La stratégie de la CAENTI qui consiste en une double évaluation, scientifique et professionnelle, renforcera une articulation difficile à construire dans le cadre académique actuel. L’expérience du REIT qui a réussi à établir une relation stable entre équipes de recherche et acteurs territoriaux est unique. En fournissant aux acteurs du développement durable des connaissances, des informations et des outils plus accessibles grâce aux efforts conjoints de la recherche et de l’évaluation professionnelle, nous entendons contribuer à l’augmentation de l’efficience des actions de développement, à l’amélioration des conditions de travail des acteurs territoriaux et finalement au bien être des citoyens.
Nous insistons ici sur le fait que les acteurs territoriaux disposent encore rarement d'outils simples, économiques et conviviaux pour élaborer leurs projets d’action, puis pour les gérer et les évaluer, alors qu’il s’agit d’exigences que l’Union Européenne a introduit dans les programmes et les projets locaux qu'elle finance.
L’action de coordination CAENTI montrera que, loin d’être des moyens de contrôle technocratiques, ces exigences permettent un management plus transparent et plus efficient d’actions qui contribuent au bien-être des citoyens.
Les outils d’intelligence territoriale intéressent les acteurs qui souhaitent promouvoir le développement durable, la participation citoyenne, l’approche globale et équilibrée des territoires, ainsi que le partenariat des acteurs.
L’intelligence territoriale contribue également au développement des technologies de l’information dans des secteurs professionnels où elles ont encore peu pénétré (services sociaux, associations caritatives, centres d’hébergements, services culturels, etc.) et dans des régions qui en sont exclues (zones rurales, régions pauvres, zones transfrontalières, régions en récession, pays candidats, etc.).
L’Observatorio Local de Empleo de Huelva a réalisé de 1994 à 1999 dans le cadre d’un programme Urban est à présent un observatoire autonome (http://www.ole.uhu.es). Le système d’évaluation de l’Asociacion Comision Catolica Espagnola de Migraciones relie une dizaine de centres d’accueil de réfugiés et de migrants répartis en Espagne. Il permet l’évaluation de l’activité de l’association et de ses centres sur plus de 7000 situations par an actuellement (http://www.accem.es ). L’observatoire Optim@ crée en 1996 à Seraing (Belgique) est un partenaire reconnu du plan de reconversion industrielle de la région de Liège (http://www.optima-obs.org). L’observatoire rural créé en 1996 à Durbuy (Belgique) a permis d’associer les centres publics d’aide sociale de cinq communes (http://mti.univ-fcomte.fr/IntegraDH). L’observatoire pour le développement intercommunal DIAPO de la région frontalière d’Ormansag en Hongrie a permis l’équipement informatique et Internet des quatorze communes qui le fournissent en informations utiles pour un diagnostic socio-économique et patrimonial (http://www.ormansag.hu). Ces exemples, réalisés avec des outils robustes, simples et surtout économiques, illustrent l’impact, la pérennité et la valeur ajoutée de l’intelligence territoriale sur le développement territorial.
La CAENTI entend contribuer à la promotion des orientations politiques de l’Union européenne dans le domaine du développement territorial, du développement de l’économie de la connaissance, et dans tous les champs connexes où elle encourage la gestion par projet, l’évaluation et le respect des principes du développement durable.
L’objectif stratégique principal du Conseil de Lisbonne de Mars 2000 était de faire de l’union européenne l’économie de connaissance la plus compétitive et dynamique du monde, capable d’accomplir une croissance économique durable accompagnée d’une amélioration quantitative et qualitative de l’emploi ainsi qu’une meilleure cohésion sociale.
Les activités de recherché et les actions locales proposes par le consortium CAENTI visent principalement à renforcer la cohésion social ainsi qu’à contribuer à une implémentation effective des politiques du développement durable. Elles ont aussi un impact sur les politiques d’emploi en améliorant l’efficacité du travail des acteurs locaux du développement territorial. La CAENTI souhaite également participer à l’amélioration de la visibilité internationale des orientations économiques et sociales de la politique européenne.