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Perspectives de la caENTI après le succès de la conférence

La sixième conférence internationale d'intelligence territoriale organisée à Besançon par la Maison des Sciences de l'Homme et de l'Environnement de l'Université de Franche-Comté a connu un franc succès qui démontre le succès de la caENTI et qui appelle une poursuite.

Elle a mobilisé 248 participants de 22 nationalités, 219 européens dont 124 français. 29 chercheurs venaient d'Amérique du Nord et du Sud, d'Asie et d'Afrique. Organisée dans le cadre de la caENTI (Action de Coordination du Réseau Européen d’Intelligence Territoriale), soutenue de mars 2006 à février 2009, par le 6e programme cadre de recherche et de développement de l'Union Européenne, elle a regroupé 123 chercheurs et acteurs membres de la caENTI, mais aussi 115 autres chercheurs et acteurs.

Le blog de la conférence avait déjà reçu plus de 600 visites à la fin de la manifestation et enregistre à ce jour plus de 2500 visites. Nous avons également reçu de nombreux mails de remerciement qui louent la qualité des communications et la convivialité de l'accueil. Ils expriment le souhait de s'associer à la poursuite du réseau de l'intelligence territoriale, en proposant notamment d'accueillir des rencontres et des séminaires.

 

Conformément à son objectif, l'Action de Coordination du Réseau Européen d’Intelligence Territoriale (caENTI) a intégré les projets de recherche sur les outils d'intelligence territoriale, afin de leur donner une dimension européenne. Elle a homogénéisé les indicateurs et les outils élaborés par quatorze observatoires territoriaux au sein de la caENTI, d'une part, et s'est assuré de leur compatibilité avec les standards européens, d'autre part.

La caENTI a travaillé à partir de la méthode et des outils Catalyse utilisés par une trentaine d'observatoires territoriaux animés par des partenariats multisectoriels en Europe, de 1989 à 2005. A partir de l'expérience de ces observatoires, la caENTI a modélisé les trois types d'informations analysés par Catalyse : des données individuelles, des informations sur les services et des indicateurs territoriaux.

Les données individuelles sont collectées au moyen d'un guide multisectoriel (emploi, éducation, formation, autonomie sociale, santé, logement, mobilité, etc.) afin d'opérer des diagnostics permettant de comprendre la complexité et la diversité des besoins. Collectées au niveau individuel, elles sont utiles pour co-définir de façon participative un projet en fonction des besoins exprimés et pour évaluer l'action qui en résulte en fonction de la satisfaction de ces besoins. Regroupées au niveau des services elles permettent d'établir la pertinence d'actions de développement projetées et d'évaluer ces actions. Consolidées à l'échelle territoriale elles permettent d'opérer des diagnostics permettant de comprendre la complexité et la diversité des besoins à l'échelle de la communauté territoriale, d'évaluer et d'observer des plans territoriaux de développement. La plupart des observatoires analysent des groupes cible qui intéressent le partenariat, certains suivent un panel représentatif de la communauté.

Les informations sur les services et les actions de développement disponibles sur le territoire, sont partagées dans un répertoire, une base de données qui est mise en ligne à des fins d'information. Elles peuvent être globalement confrontées aux résultats des diagnostics.

Les indicateurs territoriaux, rassemblés et actualisés, dans un système d'indicateurs territoriaux, complètent ou sont comparables aux données individuelles consolidées au niveau du territoire.

Chaque observatoire ayant défini ses propres informations, la caENTI a établi au niveau européen les spécifications d'un guide de diagnostic et d'évaluation et d'un répertoire de services. Elle a établi les spécifications pour intégrer ce guide dans les dossiers d'accompagnement individuels médico-sociaux. Elle a également opéré une sélection d'indicateurs territoriaux accessibles à ce niveau. Elle a également eu le souci de renforcer la cohérence entre les trois sources d'information afin de pouvoir confronter les données dans les meilleures conditions.

Les méthodes scientifiques d'analyse statistique, adaptées à une approche multicritères et croisant les traitements quantitatifs, qualitatifs et spatiaux, ont été étudiées afin de définir les spécifications d'outils accessibles aux acteurs pour réaliser des diagnostics territoriaux, d'évaluer des services et d'observer le développement territorial. Des versions multiplateformes et des versions en ligne de ces outils ont été réalisées et expérimentées dans le cadre de plusieurs partenariats territoriaux en Europe, ce qui a permis d'évaluer leur accessibilité technique et leur adaptation à une approche intégrée, partenariale et participative. Ces outils seront prochainement disponibles sur le site web Catalyse Community.

La réflexion sur les méthodes scientifiques d'analyse a montré l'importance de l'information territoriale et de la réflexion conceptuelle. Une recherche sur les indicateurs territoriaux accessibles à l'échelle européenne, sur Eurostat et sur des portails européens, en particulier des indicateurs de compétitivité, a débouché sur la réalisation d'un portail de web mapping permettant de cartographier en ligne au niveau communal les indicateurs disponibles. Une recherche sur le concept de territoire a permis de constituer une base de données sur les équipes européennes conduisant des recherches sur le territoire. Elle décrit les orientations thématiques et les méthodes utilisées. Une bibliographie thématique a également été réalisée.

L'intelligence territoriale entend conduire des recherches et des actions respectueuses du développement durable. Une lettre de qualité a été définie pour établir les critères qui en déterminent les orientations. Un outil d'évaluation de la qualité de la recherche-action permet aux chercheurs et aux acteurs d'évaluer si leurs recherches et leurs actions respectent ces orientations. Deux discussions ont été conduites sur cette base. La première vise à identifier les opportunités que les technologies de l'information et de la communication proposent pour progresser dans la voie du développement durable, notamment en matière de partage de l'information, de travail collaboratif, d'information citoyenne et de compréhension des dynamiques territoriales. Elle se préoccupe également des limites qu'il faut mettre à l'usage de ces technologies, comme le respect des libertés individuelles, pour qu'elles n'entrent pas en conflit avec l'éthique du développement durable. La seconde discussion porte sur le développement parallèle des méthodes participatives au sein des partenariats de développement.

L'actualité de la crise financière, avec ses risques dans les domaines économique, social, environnemental et culturel, démontre l'importance de la réflexion engagée par l'intelligence territoriale pour comprendre ensemble les systèmes territoriaux et leurs dynamiques afin d'agir ensemble à l'échelle des territoires, pour le développement durable. Cette crise illustre la différence qui existe entre la gouvernance des territoires et le management des entreprises, entre l'amélioration du bien-être des personnes et la recherche du gain financier à court terme. Les théoriciens libéraux d'hier espèrent aujourd'hui que la coopération supranationale et l'intervention des Etats limiteront les débordements de la concurrence économique. C'est aussi à l'échelle territoriale que la coopération peut jouer un rôle de régulateur des effets néfastes de la concurrence économique. Ce n'est pas une nouveauté dans la mesure où le partenariat intersectoriel se développe dans de nombreux territoires depuis le milieu des années soixante-dix pour réguler les coûts sociaux, environnementaux et culturels des crises et de la globalisation dans les territoires. Il est certainement malheureux d'attendre les situations de crise et l'exacerbation des tensions pour en prendre conscience. Comme nous y conviait à nouveau John Friedman, fin août, à l'occasion de sa conférence inaugurale (PDF) du XLVe colloque de l'association de science régionale de langue française “Territoires et action publique territoriale : nouvelles ressources pour le développement régional” : "Il nous appartient maintenant d'effectuer un examen critique de la voie dans laquelle nous sommes engagés collectivement et de l'orienter vers une autre qui serait durable" ("It is now up to us to critically examine the path on which we are collectively embarked and point it in another, that is, a more sustainable direction"). C'est l'ambition de l'intelligence territoriale de donner à tous les acteurs du développement des territoires, et aux collectivités territoriales, les connaissances, les informations, les méthodes scientifiques, les outils pour l'action et les principes éthiques pour y parvenir. Ses concepts de référence : développement durable, accès de tous aux technologies de l'information et de la communication, à l'information et à la connaissance, partenariat et participation sont maintenant connus et reconnus. On les dit à présent incontournables. La priorité est maintenant à leur mise en œuvre effective au niveau de la connaissance et de l'action.

 
Besançon 2008 - Closing ceremony

Besançon 2008 - Closing ceremony