A propos d'Alba Iulia 2006
Quatrième conférence d'Intelligence Territoriale, Alba Iulia 2006 est la première conférence qui s'est déroulée dans le cadre de la caENTI (Action de Coordination du Réseau Européen d'Intelligence Territoriale).
Thématique
Depuis le milieu du XXème siècle, dans la Communauté européenne, la politique régionale est devenue une composante organique de la politique socio-économique. Depuis les années 1970, elle s'est développée en nouvelles notions stratégiques [Vincze, M., (2000), Dezvoltare regionala si rurala. Idei si practici, (Développement Régional et Rural . Idées et Pratiques) Cluj-Napoca, Presa Universitara Clujeana].
Le régionalisme est devenu un fait dynamisant décisif pour le développement économique et politique de l'Union Européenne. Ainsi, l'article 130 du Traité de Maastricht, de 1992, a présenté les objectifs et les moyens principaux de la politique régionale :
- Réduction des différences entre les régions et de l’inégalité des chances due aux retards de développement.
- Création d’instruments structuraux et de politiques économiques nationales et locales mises en synergie afin d’atténuer les différences régionales les plus frappantes.
- Coordination des sources financières de la communauté pour une politique régionale efficace.
[Vincze, M., (2000), Dezvoltare regionala si rurala. Idei si practici, ( Développement Régional et Rural . Idées et Pratiques) Cluj-Napoca, Presa Universitara Clujeana].
Les régions européennes sont diverses, tant en ce qui concerne leur origine, que leur taille et leurs moyens d'organisation. Cependant, indépendamment de la taille et des moyens d'organisation, le développement régional à un niveau national et européen (inter et trans-régional) est devenu une réalité quotidienne, étroitement liée au développement durable.
La première définition acceptée du développement durable s'est dessinée autour du rapport de la norvégienne Gro Harlem Brundtland. Cette dernière et les membres de sa commission ont suggéré en 1987 que la population du monde devait "satisfaire les besoins actuels sans compromettre la possibilité pour les futures générations de satisfaire leurs propres besoins" (la Commission Mondiale sur l’Environnement et le Développement, 1987). À ce moment-là, ce rapport était très complet et rappelait que la dégradation et la négligence de l'environnement mèneraient à une profonde injustice entre les générations et à un effondrement certain de l'écosystème. Naturellement, comme la durabilité est une notion tout à fait glissante, elle peut signifier :
- Maintenir un état de bien-être entre les générations.
- Assurer la suite de la race humaine à l'infini.
- Maintenir la productivité des systèmes économiques.
- Maintenir la biodiversité et une combinaison de ces aspects.
[G. Lawrence, Promovarea dezvoltarii durabile: problematica guvernarii, (Promotion du development durable: la problematique de la gouvernance), in Mihai Pascaru, Catalyse, Cluj-Napoca, Editions Argonaut 2005].
Si nous gardons souvent en mémoire la définition écologique du développement durable citée précédemment, le rapport Brundtland montre clairement que deux concepts sont consubstantiels à cette notion. Le concept de «besoin», et plus précisément de besoins essentiels des plus démunis, auxquels il est conseillé d’accorder la priorité, et l’idée de limitation, due à l’état de nos techniques et de notre organisation sociale, qui pèsent sur la capacité de l’environnement à répondre aux besoins actuels et futurs.
Depuis le Conseil européen de GÖTEBORG de juin 2001, l’approche du développement durable a été reconnue comme l’une des principales priorités de l’Union européenne pour les années à venir. Elles constitue le cadre fondamental à partir duquel les principes de bonne gouvernance sont définis. Les politiques communautaires doivent se conformer à ces derniers, en respectant :
- La participation des citoyens.
- L’approche globale des territoires et des communautés, caractérisée par un équilibre adéquate entre les dimensions économique, sociale, environnementale et culturelle.
- Le partenariat des acteurs territoriaux.
En ce qui nous concerne, la question de base est la suivante : Les régions sont-elles la forme la plus appropriée de délimitation territoriale pour le développement durable, quelle que soit la définition retenue pour ce concept ?
En Roumanie il y a des discussions fréquentes sur les types de région (région historique ou région de développement) et sur la question de l'identité territoriale. Appartenir à un espace commun justifie des actions économiques, politiques et sociales des acteurs de cet espace [Cardy, H. (1997), Construire l’identité régionale, Montréal, L’Edition Harmattan].
La question fondamentale à laquelle nous devrons répondre est : Sur quel genre d'identité la délimitation régionale sera-t-elle basée - sur une identité figée dans le passé ou sur une identité qui établit le rapport entre le présent et le futur ?
Ainsi, comme Michel Bassard l'a noté, à notre époque l’identité ne peut pas être exclusivement basée sur le culte des racines et des traditions. En effet, cette tendance nourrit les germes de l'asphyxie. En conséquence, Bassard précise que l'identité n’est raisonnable qu’à condition d’être également un pont reliant le présent et le futur [Bassard, M., ed. (1991), Identité et développement régional, Berne-Francfort-s.Main, New York, Paris, P. Lang Edition].
La question de base dans ce contexte peut être la suivante : Est-ce que le développement durable du territoire est stimulé par toute construction d'identité régionale, quelle qu’en soit la forme ?
Dans le domaine de la théorie du développement régional, de nombreux problèmes conceptuels émergent à chaque étape. Nous parlons fréquemment des macro-régions, des régions, des micro-régions et des zones. Chacune de ces limites se rapporte à des délimitations territoriales régionales et implique des méthodes particulières et des instruments de diagnostic territorial et de gouvernement durable de développement.
La question de base ici est la suivante : Pouvons-nous construire et employer des méthodes (avec les instruments appropriés) pour assurer un diagnostic correct et un gouvernement efficace indépendamment du genre de délimitation territoriale ?
A partir des réflexions menées ci-dessus, au moins trois thèmes peuvent être approchés dans une conférence internationale accueillie par une ville telle qu'Alba Iulia:
- Thème 1 : La région est-elle l'espace le plus approprié pour penser le développement durable ?
- Thème 2 : Dans le cadre de la construction de l'identité régionale, quels sont les problèmes, les expériences, et les bonnes pratiques ?
- Thème 3 : Quels méthodes et instruments doivent être utilisés pour mettre en œuvre le développement durable du territoire ?








