Intelligence Territoriale et Gouvernance
Le 31 janvier 2007, l’appel à communications de la Seconde Conférence Annuelle Internationale d’Intelligence Territoriale intitulée "Intelligence territoriale et Gouvernance. Recherche-action participative appliquée au développement territorial" a été publié. Cette conférence se déroulera à Huelva du 24 au 27 octobre 2007.
Cette seconde conférence de la caENTI analysera les défis que la gouvernance territoriale des sociétés démocratiques actuelles impose à la recherche sur des thèmes relatifs au développement socio-économique durable.
Ces défis affectent autant l’objet de l’analyse que les méthodologies utilisées, que les processus de transfert des résultats, et même et plus important, que les sujets de la recherche eux-mêmes.
Le débat que nous suggérons est extrêmement lié à la réflexion qui est développée dans le WP5 de la CAENTI, dont les membres essaient d’identifier les principes éthiques et les protocoles de recherche qui devraient être respectés dans les processus de recherche, afin que ces derniers contribuent à l’amélioration de la gouvernance territoriale des aspects liés au développement durable, en approfondissant la démocratisation des processus de prise de décisions et en renforçant le développement de la société de la connaissance.
Le débat est toujours ouvert et durant celui-ci nous nous référons à plusieurs principes : volonté de transformer la réalité, multidimensionnalité, partenariat, co-responsabilité, soutenabilité, transparence, équité, co-apprentissage…Cependant, tous les participants considèrent que la participation a un rôle crucial en tant que principe de base d’une recherche qui donne son impulsion la gouvernance territoriale.
La question de fond est que la connaissance scientifique sur le territoire est généralement ambiguë (en raison de la complexité des facteurs intervenant dans l’analyse, de la rareté de l’information et de l’indétermination des résultats). Différentes interprétations légitimes basées sur les observations ou les évaluations de données similaires coexistent. Dans ce dernier cas surtout, les valeurs ont une importance spécifique lors de l’interprétation des résultats. En conséquence, pour créer de la connaissance favorisant la gouvernance, la participation des acteurs territoriaux, y compris des bénéficiaires des décisions et des actions, est spécialement importante. En effet, ils apportent différents types de connaissances et ils se référent explicitement à des systèmes de valeurs à partir desquels les résultats scientifiques peuvent être interprétés.
Par ailleurs, au cours de leurs actions, les acteurs territoriaux ne peuvent pas créer cet ensemble de connaissances nécessaires à la bonne gouvernance. La complexité des problèmes, la sectorialisation des actions et les urgences inhérentes aux impératifs de l’action empêchent généralement les acteurs de créer les visions globales qui sont nécessaires pour résoudre les problèmes territoriaux, et dont le développement nécessite des connaissances et des méthodes scientifiques.
Très souvent, les acteurs; et paradoxalement surtout ceux qui travaillent au niveau le plus proche de la population destinataire des actions, ne disposent même pas des outils basiques qui sont généralement utilisés dans le domaine scientifique pour recueillir et analyser l’information, et beaucoup plus rarement pour la partager.
Dans d’autres cas, l’information est disponible, mais il manque les théories, méthodes, instruments, espace et temps pour interpréter l’information et la transformer en connaissance utile pour l’action. Tous ces problèmes s’aggravent lorsque les acteurs impliqués dans la production et la gestion de l’information sont nombreux et très différents.
Dans cette approche, qui souligne la complémentarité du monde scientifique et de l’action territoriale, le concept de recherche-action participative, pouvant être défini comme un type de recherche dans laquelle chercheurs et acteurs territoriaux sont impliqués et qui tente d’atteindre un double but : scientifique d’une part (améliorer la connaissance sur un aspect concret de la structure et/ou de la dynamique territoriale) et pratique d’autre part (agir sur un problème concret de ce territoire).
Dans ce contexte, le défi pour l’intelligence territoriale consiste à concevoir et diffuser des méthodes de recherche et des outils facilitant les approches multidimensionnelles capables d’impliquer des acteurs ayant des natures très différentes (partenariats) et permettant la production et la gestion des connaissances de manière participative, en intensifiant le dialogue entre science et société, recherche et action, en favorisant l’appropriation de ces connaissances par les acteurs territoriaux et la population et en contribuant à l’amélioration de la gouvernance territoriale.
La conférence de Huelva en octobre 2007 sera précisément centrée sur le débat concernant ces sujets et spécialement sur la question des potentialités et des limites de la participation et sur les difficultés découlant de la mise en oeuvre de ce principe dans le cadre de la recherche-action territoriale.
Les thématiques prévues pour les communications sont les suivants :
- A. La recherche-action participative appliqué au développement territoriale durable
- B. Méthodes et outils de recherche-action participative appliqués au développement territorial durable.
- C. Analyse des Expériences de Recherche-Action Participative appliqués au diagnostic, à la planification, à la gestion et à l’évaluation de projets territoriaux
Les membres du projet caENTI vous encourage à participer à ce débat en présentant des propositions de communications. Nous vous attendons à Huelva en Octobre 2007 !








