Définition de l’Intelligence Territoriale
L’Intelligence Territoriale est une expression polysémique. Ses limites et contenus sont flous. Ses définitions actuelles sont nombreuses et parfois contradictoires. Cependant, quel que soit le risque de confusion, l’usage de cette expression est largement répandu.
Ensuite, la question est : est-il nécessaire, ou au moins utile, d’essayer de définir un objet aussi confus ? Nous pensons qu’il est de la responsabilité d’un projet tel que CAENTI, Action de Coordination du réseau Européen d’Intelligence Territoriale, de fournir des éléments d’une définition, sinon une complète, et des orientations pour l’organisation de la recherche et de l’action dans le domaine de l’intelligence territoriale. Le but de ces lignes est d’esquisser un programme de recherche en ce sens. Plusieurs points de vue seront brièvement passés en revue.
Premièrement, l’approche pragmatique fournira un aperçu des usages actuels. Une rapide recherche sur google indique 4830 citations de l’expression « territorial intelligence » en anglais, 18900 pour « intelligence territoriale » en français et 1050 pour « inteligencia territorial » en espagnol (en date de décembre 2007). Quelle que soit la signification de ces citations, les données brutes indiquent une réitération de l’expression qui n’est pas négligeable. Elles indiquent aussi que l’intelligence territoriale n’est pas encore très populaire. Des différences culturelles découlent aussi de ces chiffres. Les Français sont beaucoup plus nombreux à utiliser l’expression « intelligence territoriale » que les anglophones et les hispanophones. Cette idée introduit une seconde approche.
Cette approche sémantique se focalisera sur les acceptations explicites ou implicites des termes « intelligence » et « territoriale ». La notion de territoire est en constante évolution, en particulier sous la pression des technologies de l’information et de la virtualisation du mot. L’intelligence est lié à deux pôles : l’un est plus anglo-saxon et entendu dans le sens de la collecte et de l’exploitation d’informations, l’autre est plus latin et entendu dans le sens de la capacité à interpréter et gérer de nouvelles situations. A partir de ces points de départ, différences tendances incitent à avoir différentes attitudes et visions, concernant à la fois la recherche et les applications.
L’approche écologique mettra en exergue l’environnement dans lequel l’expression se développe et le type de relations qu’elle entretient avec les concepts connexes. Ces concepts sont par exemple l’intelligence concurrentielle, l’intelligence économique, la gouvernance, le management de la connaissance, la technologie, le système d’information, etc. Un réseau sémantique pourrait bien rendre compte de la complexité de cette relation.
Ainsi, notre programme de recherche inclurait a) une revue des usages et des pratiques actuels, ainsi que des définitions ; b) une cartographie des relations avec les concepts et les particularismes culturels ; c) un dictionnaire ou une ontologie de l’expression multidimensionnelle « Intelligence Territoriale ». Il est prévu que les prémisses de ce travail soient effectuées lors de la prochaine conférence à Besançon à l’automne 2008.








